Chat trisomique : causes, conséquences et traitements ?

Les chats trisomiques, que l’on connaît surtout à travers quelques photos d’animaux au physique atypique qui circulent sur internet, suscitent volontiers l’étonnement, la sympathie ou la pitié des amoureux des animaux.

Pourtant, la trisomie du chat est une pathologie de santé mal connue et, en réalité, peu de photos de chats soi-disant trisomiques que l’on peut trouver sur le web représentent vraiment des animaux atteints de ce type d’affection.

Les formes de trisomies existantes chez le chat n’ont effectivement pas grand-chose à voir avec celles que l’on rencontre le plus souvent chez l’humain, ni dans leurs symptômes ni dans leurs conséquences.

La trisomie chez le chat, c’est quoi ?

La trisomie du chat est une aneuploïdie, une anomalie des chromosomes impliquant un nombre anormal de chromosomes dans l’ADN d’un être vivant.

Les chromosomes sont des éléments constitués de molécules d’ADN et de protéines, porteurs de gènes dont l’expression détermine le développement d’un être vivant et l’ensemble de ses caractéristiques génétiques.

Les chromosomes vont par paires. Chez l’humain, on retrouve habituellement 46 chromosomes répartis en 23 paires. La trisomie survient lorsque l’organisme contient un chromosome supplémentaire, qui s’ajoute à une paire pour former un trio.

Pour plus de clarté, précisons que l’humain possède 22 paires de chromosomes et 1 paire de chromosomes sexuels. Un détail qui a son importance, puisque les trisomies gonosomiques, concernant les chromosomes sexuels, n’ont pas les mêmes impacts que les trisomies des chromosomes non sexuels, et sont considérées comme moins préoccupantes.

Chez l’humain, le terme « trisomie » renvoie généralement à la trisomie 21, aussi connue sous le nom de Syndrome de Down. Elle survient quand la paire de chromosomes n°21 compte 3 chromosomes au lieu de 2.

C’est la plus fréquente, bien qu’en principe il puisse exister autant de types de trisomies qu’il y a de paires de chromosomes dans nos cellules.

Maintenant que nous avons les bases pour comprendre la trisomie, revenons-en à nos matous. Les chats n’ont pas 46 chromosomes, mais seulement 38, organisés en 19 paires.

La trisomie 21 ne peut donc purement et simplement pas exister chez eux, et il n’est donc pas pertinent de comparer les autres types de trisomies dont ils peuvent souffrir avec le Syndrome de Down, bien qu’il fasse, à tort, souvent figure de référence, puisque c’est le plus connu du grand public – pour ne pas dire le seul.

Il est important de noter que la trisomie est extrêmement rare chez les animaux. On estime qu’environ 1 chat sur 50 000 pourrait être atteint de trisomie et, comme évoqué précédemment, cette affection n’a rien à voir avec le Syndrome de Down, ni dans sa manifestation physique ni dans son impact mental.

La faible prévalence de la trisomie chez le chat s’explique par le risque de fausse couche élevé engendré par la présence d’un chromosome surnuméraire au moment du développement du fœtus.

Si la trisomie 21 est la forme de trisomie la plus fréquente chez l’humain, c’est précisément parce que le chromosome concerné est le plus petit de l’organisme, c’est donc celui dont le surnombre passe le plus inaperçu au moment du développement foetal.

Outre le risque de fausse couche élevé, les chatons nés avec une anomalie des chromosomes risquent fort de développer des handicapes réduisant drastiquement leur possibilité de survire dans la nature.

La chatte, consciente de l’affection dont souffre sa progéniture, va souvent décider d’éliminer ou d’abandonner à la naissance un chaton trisomique pour se concentrer sur ses petits bien portants.

De fait, les chats souffrant de trisomie que l’on peut rencontrer sont souvent des animaux « asymptomatiques », ou presque, c’est-à-dire ceux souffrant de trisomies gonosomiques.

Certains chats trisomiques peuvent toutefois présenter des malformations physiques et des troubles mentaux, mais la plupart des chats malformés que l’on peut voir sur les photos qui font le buzz en ligne ne sont pas trisomiques.

Les trisomies les plus fréquentes chez le chat

Les trisomies les plus communes chez le chat sont les formes gonosomiques, qui atteignent les chromosomes sexuels.

Comme chez l’humain, ce sont en effet des trisomies qui n’impactent que peu, voire pas, le développement physique et mental, excepté au niveau des organes sexuels.

Aussi, ce sont des formes peu handicapantes, en tout cas chez les chats qui ne souffrent pas du regard des autres, comme ce peut être le cas d’humains atteints d’un handicap.

D’autres types de trisomies peuvent exister, mais sont exceptionnels et peu documentés, les chatons n’étant alors généralement pas viables.

Le Syndrome de Klinefelter : le chat Écaille-de-Tortue

Le Syndrome de Klinefelter ne concerne que les chats mâles porteurs d’un chromosome sexuel féminin supplémentaire (un 39ème chromosome), qui donne un trio XXY au lieu d’une paire XY.

Il se manifeste essentiellement par des malformations de l’appareil génital, notamment une atrophie des testicules, qui engendre souvent une stérilité, bien que cela ne soit pas systématique.

Typiquement, les chats souffrant du Syndrome de Klinefelter sont tricolores (écaille de tortue), une couleur de robe habituellement réservée aux femelles.

Il existe une forme particulière de cette trisomie du chat nommé Syndrome de Klinefelter en « Mosaïque », dans laquelle seulement certaines cellules comportent un chromosome supplémentaire, et seulement certaines régions anatomiques de l’animal présentent des anomalies.

Le Syndrome du Triple X

Certaines chattes peuvent aussi présenter un chromosome sexuel supplémentaire, qui donne XXX au lieu de XX, X étant le chromosome déterminant la formation des organes sexuels féminins, tandis que Y engendre le développement d’organes sexuels masculins.

Dans la plupart des cas, les femelles atteintes du Triple X sont stériles, mais, à nouveau, cela n’est pas systématique.

Les chats qui présentant ce trouble ne développent souvent aucun symptôme physique visible, et les éventuels troubles mentaux dont ils peuvent souffrir sont généralement trop discrets ou difficiles à identifier, et passent inaperçus aux yeux des maîtres. (1)

Conséquences de la trisomie chez le chat

Les chattes Triple X et les chats présentant de Syndrome de Klinefelter, peuvent manifester une certaine immaturité et une capacité diminuée à apprendre et à raisonner.

Cela peut engendrer un comportement de perpétuel chaton, avec son lot de maladresses, de bêtises et d’imprudences, mais aussi des troubles de la communication – avec les humains et les autres chats – et un hyperattachement envers le maître, qui fait figure de parent.

Chez les chats qui présentent peu ou pas de signes cliniques (malformations), la recherche d’une trisomie n’est que rarement pratiquée.

Les troubles mentaux que peut présenter un chat atteint d’une trisomie gonosomique sont souvent confondus avec les résultats d’une mauvaise éducation, un mauvais caractère ou des désordres comportementaux dus à un mauvais sevrage ou à un traumatisme.

On ne croise guère d’autres formes de trisomies chez le chat. Il est probable que la plupart des animaux souffrant de trisomies non gonosomiques ne soient pas viables à la naissance, et bien que les matous trisomiques présentant des malformations physiques puissent exister, ils sont rarissimes.

Par ailleurs, même si elles sont extrêmement rares, il existe une grande variété d’anomalies génétiques pouvant occasionner des malformations physiques et des troubles mentaux chez le chat

La détérioration de certains chromosomes, la monosomie, qui survient lorsque le chat a un gène en moins, ou la tétrasomie, qui apparait quand l’animal à deux gènes en plus, sont autant d’affections pouvant engendrer un développement physique anormal.

En conclusion, attention aux photos qui circulent sur internet : tous les chats présentant des malformations sont loin d’être trisomiques, et les chats trisomiques présentant des malformations sont très rares.

Adopter un chat trisomique

Adopter un chat trisomique, ou un chat souffrant d’une autre malformation congénitale qui passe pour de la trisomie, est tout à fait envisageable pour peu que vous ayez suffisamment d’amour à lui donner.

Les chats souffrant de troubles liés à la présence d’un chromosome supplémentaire peuvent présenter un retard mental affectant leur perception de leur environnement, provoquant potentiellement chez eux de la détresse et de l’angoisse ou, à l’inverse, une grande imprudence et une absence totale de peur.

Avant d’adopter un chat trisomique, assurez-vousd’avoir beaucoup de temps à lui consacrer et de pouvoir lui offrir un environnement serein et calme, dans lequel il se sentira en sécurité.

Notez aussi que ces chats peuvent s’avérer très pot de colle, car leur immaturité perpétuelle peut leur donner envie de rester collés à leurs maîtres comme un chaton à sa mère.

Ce sont des animaux qui exigent certains sacrifices : par exemple, partir en vacances, avec ou sans lui, est généralement impossible.

Les chats souffrant de trisomie occasionnant des malformations physiques risquent fort de développer des problèmes de santé importants, nécessitant des frais vétérinaires parfois très onéreux.

Vous devrez aussi malheureusement vous préparer à voir votre petit compagnon partir plus tôt que prévu, leur espérance de vie étant souvent réduite.

Notez que ces informations valent essentiellement pour les chats trisomiques qui présentent des malformations physiques.

Chez les mâles Écaille-de-Tortue souffrants du Syndrome de Klinefelter et chez les chattes atteintes du Triple X, il n’y a généralement aucun problème de santé à redouter, si ce n’est une stérilité et une potentielle prédisposition à la survenue de certains cancers.

Questions fréquemment posées sur le chat trisomique

Existe-t-il des chats trisomiques ?

Oui, il existe des chats trisomiques, mais ce sont rarement les animaux que l’on voit en photo sur le web, bien qu’ils soient identifiés comme tels.

La trisomie est très rare chez le chat, et les formes les plus communes se manifestent essentiellement par un pelage d’une couleur inhabituelle et/ou une stérilité, sans malformation physique.

Un chat souffrant de malformation est-il trisomique ?

Il est extrêmement rare d’observer une malformation physique chez un chat trisomique, mis à part au niveau des organes génitaux.

Néanmoins, une grande variété d’autres troubles génétiques, essentiellement liés à la consanguinité, peuvent provoquer des malformations.

Peut-on adopter un chat trisomique ?

Il est possible d’adopter un chat trisomique, mais, dans les faits, il est rarissime d’en croiser chez des éleveurs ou en refuge.

Les chats trisomiques sont rares, et les plus répandus ne sont que rarement diagnostiqués comme tels, car ils ne présentent aucune caractéristique physique particulière.

Pourquoi certains chats sont-ils trisomiques ?

La trisomie est une anomalie génétique qui survient lorsque l’un des deux parents du chat lui transmet un chromosome supplémentaire.

Ce chromosome supplémentaire modifie l’expression des gènes du chat, occasionnant des anomalies physiques et/ou mentales.

Les trisomies les plus courantes chez le chat sont aussi les moins graves : il s’agit de trisomies gonosomiques, concernant les chromosomes sexuels et n’impactant qu’exceptionnellement la santé et le développement de l’animal.

Les chats trisomiques sont souvent des matous présentant un chromosome sexuel supplémentaire, ce qui engendre des troubles de l’appareil reproducteur, mais n’impacte pas, ou peu, leur santé physique et mentale.

En outre, il est fort possible que la majorité des chats trisomiques n’ait jamais été diagnostiquée, notamment parce que les seuls animaux viables à la naissance ne présentent pas, au cours de leur vie, de troubles motivant une investigation vétérinaire qui permettrait de mettre cette anomalie en lumière.

Vous avez encore quelques questions sur les chats trisomiques et les conséquences de cette affection sur leur santé ? Posez-les-nous dans les commentaires !


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