Accueil » Chat sans queue : pourquoi sont-ils comme ça ?

Chat sans queue : pourquoi sont-ils comme ça ?

Afficher Masquer le sommaire

Les chats sans queue sont des félins enrobés de mystère, et bien des légendes en parlent comme des animaux porte-bonheur et proposent différentes explications, souvent très folkloriques, à cette drôle de caractéristique.

L’explication derrière l’absence de queue d’un chat est pourtant relativement simple et bien moins mystérieuse qu’on aimerait le penser.

Il s’agit le plus souvent d’un trait génétique ou, plus rarement, du résultat d’une amputation accidentelle ou volontaire due à un problème de santé. Dans ces deux cas, l’absence de queue n’a pas le même impact sur la santé du chat.

La queue du chat, c’est quoi ?

La queue du chat, ou appendice caudal, est un prolongement de la colonne vertébrale constitué de vertèbres, de muscles, de peau et de poils. Ce n’est pas à proprement parler un membre du corps, mais plutôt une extension de celui-ci.

La queue est présente chez de nombreux animaux, mammifère, oiseaux, reptiles et poissons, et peut avoir des utilités complètement différentes.

Elle peut permettre la préhension (chez les singes), favoriser l’équilibre et l’aide aux sauts (chez le chat) et servir de « chasse-mouches » chez les herbivores qui passent beaucoup de temps immobiles et sont volontiers accablés par des nuées d’insectes.

Chez l’humain, une queue se développe également au stade embryonnaire, pour se résorber durant le développement du fœtus et former le coccyx.

Chez le chat, la queue peut être plus ou moins développée, comprenant habituellement entre 14 et 28 vertèbres caudales et mesurant en moyenne 30 cm de long.

La queue des félins participe essentiellement à leur motricité, notamment en les aidant à maintenir leur équilibre en jouant le rôle de balancier.

Elle fait également un outil de communication non négligeable, permettant au chat d’exprimer certaines intentions tant aux humains qu’à leurs congénères.

Les chats sans queue : génétique et caudectomie

Certains chats n’ont pas de queue, ce qui leur donne un aspect tout à fait atypique pour de petits félins et peut interroger quant à l’impact de cette « anomalie » sur la santé et le quotidien de l’animal. On parle alors de chats anoures.

Il existe deux situations pouvant conduire à une absence de queue chez le chat : la caudectomie, opération chirurgicale visant à amputer totalement ou en partie l’appendice caudal, et les anomalies génétiques, qui sont soit fortuites, soit entretenues par des sélections visant à créer des races sans queue.

Chat sans queue : la caudectomie

La caudectomie est une opération chirurgicale qui vise à écourter ou à ôter entièrement la queue d’un animal.

Cette intervention est indiquée lorsque le chat souffre d’une blessure importante au niveau de la queue, généralement causée par un traumatisme, dans l’optique de soulager les douleurs de l’animal et d’améliorer sa qualité de vie.

En cas de fracture des vertèbres caudales, l’amputation de la queue n’est pas systématique, mais peut être envisagée.  

Les vertèbres ne se réparent en effet pas toujours bien, et un chat dont la queue est cassée pourrait souffrir à vie de douleurs plus ou moins intenses, en permanence ou lors de certains mouvements.

D’autres types de blessures importantes, n’impliquant pas de fracture, peuvent également causer des dommages importants au système circulatoire qui irrigue la queue et aux nerfs permettant de la contrôler.

Si l’appendice caudal du chat n’est plus correctement vascularisé ou innervé, le chat en perd le contrôle : c’est le syndrome de la « queue morte ».

Dans ce cas, l’amputation totale ou partielle ou partielle améliore grandement la qualité de vie de l’animal et évite les complications, notamment une nécrose des tissus, phénomène douloureux et pouvant coûter la vie au chat.

Plus rarement, la queue du chat peut être amputée alors qu’elle est en parfaite santé, dans l’optique d’en prélever certains tissus (notamment cutanés) qui permettront de soigner une plaie située ailleurs sur le corps du chat.

Cette opération peut être indiquée à la suite de l’exérèse d’une tumeur cutanée qui ne laisse pas assez de peau pour permettre une cicatrisation, en cas de brûlure étendue et/ou sévère, ou dans le cas de plaies localisées sur des extrémités.

Ce type de greffe est toutefois peu pratiqué, notamment pour préserver l’intégrité d’une queue saine lorsqu’un lambeau cutané peut être prélevé ailleurs. (1)

Les chats sans queue qui ont subi une caudectomie retrouvent généralement rapidement une vie normale et s’habituent bien à leur nouvelle morphologie.

L’ablation de leur queue peut cependant perturber leur équilibre, surtout dans les jours ou semaines qui suivent l’opération.

Certains matous peuvent avoir tendance à déprimer ou à rester prostrés après une caudectomie, perturbés par les nouvelles sensations occasionnées par l’opération.

Avec un maître suffisamment attentionné, qui prend le temps de les rassurer, ils parviendront néanmoins toujours à surmonter cette épreuve, à retrouver leur joie de vivre et à reprendre leur train-train quotidien.

Enfin, l’ablation de la queue du chat peut altérer sa capacité à communiquer, tant avec les humains qu’avec les autres animaux.

À la suite d’une caudectomie, les liens entre le chat opéré et les autres animaux du foyer peuvent donc être bouleversés, mais cela ne dure généralement qu’un temps, jusqu’à ce que tout le monde s’habitue à la situation.

Le maître doit également de se montrer particulièrement attentif à son compagnon : ne plus voir son matou arriver avec la queue dressée, une attitude qui exprime généralement la bonne humeur, peut être un peu perturbant.

Les chats sans queue : la génétique

Il arrive que certains chats naissent sans queue, ou avec une queue significativement plus courte que celles de leurs congénères.

Ce type de malformation est plutôt rare, car les chatons atteints de ce trouble ne sont souvent pas viables à la naissance.

La dysgénésie sacrococcygienne, par exemple, est une anomalie rare qui se solde malheureusement presque toujours par l’euthanasie du chaton.

Certains chats de races présentent, eux, des mutations génétiques naturelles engendrant le développement d’une queue atypique, courte et souvent recourbée, qui ne nuisent pas toujours à leur santé.

Il faut toutefois noter que toutes les races sans queue ne sont pas égales, que pour certaines d’entre elles, les mutations génétiques responsables de l’absence de queue peuvent être très problématiques et occasionner une grande souffrance animale, comme c’est le cas du chat Manx.

Les races de chats sans queue

Le chat Manx ou Cymric, le seul vrai chat sans queue

Le chat Manx, nommé Cymric dans sa version à poil long, est un matou originaire de l’île britannique de Man qui peut être totalement dénué de queue.

Les mutations génétiques survenant chez les animaux insulaires ne sont pas rares, puisque ces terres entourées d’eau empêchent naturellement les populations de migrer pour chercher des partenaires éloignés afin de varier leur patrimoine génétique.

De fait, les mutations génétiques que l’on observe chez les animaux insulaires, dont les chats de Manx, sont causées par une consanguinité plus ou moins sévère, le nombre de reproducteurs disponibles étant limité.

Même si on peut facilement craquer devant les jolis de Manx, il faut noter que les chats, dans la nature, évitent instinctivement les reproductions consanguines qui tendent à provoquer des désordres génétiques nuisibles à la survie de l’espèce.

L’absence de queue chez le Manx est provoquée par la mutation d’un gène chez un individu, qui a ensuite transmis ce gène à ses descendants, jusqu’à ce que tous les félins de l’île, ou presque, soient porteurs du gène à force de reproductions consanguines.

Ces désordres génétiques ont suscité un certain engouement des maîtres pour cette boule de poils au physique atypique, ce qui a motivé l’officialisation de la race et l’instauration d’élevages professionnels comptant bien tirer parti de cette spécificité.

Pourtant, la reproduction du Manx pose problème, et a même bien failli être interdite en Europe. En effet, seuls les Manx hétérozygotes sont viables, quand les homozygotes (porteurs de deux gènes responsables de l’absence de queue) souffrent de malformations de la moelle épinière généralement létale in utero.

Lors de la reproduction, le risque de transmission de deux gènes (un par chaque parent) est significatif, et la mortalité des chatons Manx de pure race est donc particulièrement élevée.

Les chats de l’île de Man sont majoritairement souffrants, en mauvaise santé et présentant des malformations conséquentes.

Ils sont particulièrement sujets au développement de dysgénésie sacrococcygienne, spina bifida, incontinence urinaire et fécale, troubles de la mobilité et de la digestion, et paralysie partielle ou totale de l’arrière-train, affections nécessitant généralement l’euthanasie des chatons, quand ils naissent en vie. 

Les refuges locaux insistent sur la gravité de la situation du chat Manx dans son habitat naturel, et certains souhaitent vivement voir disparaître cette mutation, à l’origine de nombre de souffrances et d’euthanasies.

De fait, l’exportation de chats Manx locaux en dehors de l’île est interdite, mais les élevages de Manx continentaux sont encore permis.

Il est essentiel de se questionner sur l’éthique de ces élevages, qui proposent des chats en bonne santé, mais potentiellement obtenus au prix de nombreux chatons mort-nés et au détriment de la santé des chattes gestantes, fortement sujettes aux fausses couches.

Notons que les chats Manx peuvent présenter différents degrés de mutations génétiquesqui impactent la longueur de leur queue.

Le Manx est dit Rumpy quand il n’a aucune vertèbre sacrée, Rumpy-Riser quand il a 1 à 7 vertèbres sacrées (souvent atrophiées) fusionnées et dressées vers le haut, Stumpy quand il a 2 à 14 vertèbres sacrées et caudales sévèrement enroulées, et Longy lorsque sa queue est normale.

La différence entre le Rumpy-Riser et le Stumpy tient essentiellement dans le fait que le premier est incapable de bouger sa queue. Dans tous les cas, sauf chez le Longy, le développement vertébral est anormal.

La reproduction entre deux Rumpy est la plus risquée, et bien des experts félins impliqués dans la lutte contre la maltraitance animale se battent pour la faire interdire – elle est actuellement un motif de refus d’inscription au Loof. Malheureusement, le Rumpy est aussi le Manx le plus recherché par les maîtres novices. (1,2,3)

Les chats de race Bobtail à queue courte

Le terme Bobtail désigne les chats à queue courte, aussi nommés chats sans queue, car leur appendice caudal ne se discerne parfois pratiquement pas.

Contrairement au Manx Rumpy, ils possèdent généralement bel et bien au moins quelques vertèbres sacrées et caudales.

On trouve plusieurs races de chats présentant des queues très courtes ou moyennement courtes, recourbées ou non.

Le concept de races de chats officielles étant encore très récent par rapport aux races de chien, on trouve différents types de Bobtails qui ne sont pas tous admis au Loof, et qui ne sont donc pas tous officiellement considérés comme des races en France.

De fait, il est actuellement encore très compliqué de savoir quels Bobtails sont issus de sélections soumettant les chatons à un fort risque de malformations vertébrales et spinales (de la moelle épinière).

Les risques de troubles sévères, et notamment de dysgénésie sacrococcygienne, demeure plus importants chez tous les Bobtails, et pas uniquement chez le chat de Manx où il est toutefois encore plus récurent.

Aujourd’hui, les gènes responsables des mutations chez les chats sans queue ne sont pas systématiquement identifiés, et on ne sait pas encore avec certitude quels Bobtails pourraient être porteurs de gènes semi-létaux (impliquant la mort des chatons homozygotes) comme c’est le cas chez le Manx. (4)

Toutefois, le Loof émet des recommandations destinées à éviter les sélections abusives risquant de donner lieu à des anomalies létales ou handicapantes chez certains Bobtails.

Ainsi, les standards du Japanese Bobtail, de l’American Bobtail et du Kurilian Bobtail mentionnent que l’absence totale de queue, comme chez le Rumpy Mance, est pénalisée – ce qui signifie qu’un chat sans queue issu de ces races ne peut obtenir de pedigree.

Les standards du Chausie, ce gros chat aux airs de Puma, précisent également que l’absence totale de queue laissant suspecter la présence d’un gène Mn (gène du Manx) ou d’un gène de Pixie Bob doit être évitée.

Selon le Loof, le Pixie Bob, gros matou aux allures de lynx, devrait également présenter une vertèbre caudale d’au moins 2cm et non une absence totale de queue. (5)

Malgré les mesures prises par le Loof, il convient de noter que l’élevage de chat sans queue pose certaines questions d’éthique, leur encadrement, en France et dans le monde, laissant encore la porte ouverte à de nombreuses largesses de la part d’éleveurs peut scrupuleux.

Jouer avec des gènes potentiellement létaux pour créer des races de chats toujours plus « mignons » ou « jolis » malgré des risques de malformations gravissimes n’a en effet rien de particulièrement humain.

Ce type de sélections destinées à renforcer des traits physiques au détriment de la santé des animaux porte un nom, l’hypertype.

Si on pourrait penser que c’est une chose rare, et que la majorité des éleveurs de Bobtails se soucient certainement du bien-être de leurs boules de poils, il suffit de se pencher du côté des chiens pour s’apercevoir que l’hypertype a encore de très beaux jours devant lui.

On peut prendre le célèbre exemple du Bouledogue Français, chien parmi les plus répandus dans nos foyers dont les traits ont été exagérés à l’extrême au fil des sélections pour donner cette adorable bouille aplatie qui en fait craquer plus d’un. Idem chez les chats avec les Persans à tête plate qui leur cause tant de soucis….

La morphologie particulière de ces chiens n’a rien de naturel et occasionne des troubles respiratoires graves, une intolérance prononcée à l’effort et des problèmes digestifs sévères, le tout pour une qualité de vie déplorable et une longévité significativement réduite.

Enfin, il faut noter que les chatons issus de races Bobtail dont la queue est trop longue pour obtenir un pedigree peuvent être mutilés à la naissance, ce qui permet aux éleveurs de « tricher » pour faire enregistrer leurs produits au Loof.

La coupe des queues chez le chat pour des raisons esthétiques est interdite, mais demeure malheureusement commune.

Questions fréquemment posées sur le chat sans queue

Où adopter un chat sans queue ?

Pour adopter un chat sans queue, il est essentiel de vous tourner vers un éleveur sérieux et éthique, qui ne se livre pas à des reproductions abusives et sélectionne soigneusement ses animaux pour éviter tout risque de malformations mortelles.

Ne vous laissez pas avoir par un éleveur qui présente des chats en bonne santé, car il ne vous dira jamais combien de fausses couches ou de chatons mort-nés ou euthanasiés à la naissance ont permis d’obtenir des produits viables.

Examinez plutôt les pedigrees de ses animaux pour vous assurer qu’aucun gène Manx n’est impliqué dans les sélections, assurez-vous que ses chatons soient bien dotés d’une courte queue (et non totalement dénués de queue) et vérifiez qu’il soit inscrit auprès d’une organisation officielle.  

Pourquoi certains chats ont-ils la queue coupée ?

Les chats suis ont la queue coupée ont probablement été amputés après une blessure grave qui n’aurait jamais pu cicatriser correctement.

Certains chats sans queue n’ont pas la queue coupée, mais sont simplement nés sans queue à cause d’une anomalie génétique.

Quelles sont les races de chats sans queue ?

Il n’y a qu’une seule race de chat pouvant naître sans queue : le chat de Manx, et plus particulièrement la variété Rumpy de cette race.

Les autres chats dits « sans queue » ont en réalité la queue très courte. Il s’agit des Bobtails (américains, japonais, etc.), des Pixie Bob et des Chausie.

Quelles sont les races de chats à queue courte ?

Il existe différentes races de chats à queue courte pouvant varier selon les régions du monde. En France, les races admises au Loof – pour le moment – sont le Japanese Bobtail, l’American Bobtail, le Kurilian Bobtail, la Chausie et le Pixie Bob.

Le chat de Manx, lui, peut exister dans des variétés sans queue, à queue courte ou être doté d’une queue normale.

Pour conclure

Vous avez toujours été attiré par les chats sans queue ? Il est vrai que ces boules de poils au physique atypique ont indéniablement un petit quelque chose de plus que les autres.

Pourtant, derrière cette drôle de caractéristique se cache une anomalie génétique pouvant porter préjudice au bien-être animal.

Pour ne pas faire l’erreur d’adopter un chat issu de sélections abusives, il est essentiel de vous assurer du sérieux de l’éleveur chez qui vous souhaitez adopter un Bobtail ou un Manx.

Vous êtes l’heureux propriétaire d’un chat sans queue ?  Comment se porte votre compagnon? Partagez votre expérience en commentaire de cet article !

Partagez votre avis