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Chat qui boit beaucoup : causes, conséquences et traitements ?

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Un chat qui boit beaucoup inquiète souvent son maître au moment où ce comportement est déjà réellement excessif, c’est-à-dire fréquent et marqué.

Autrement dit, le trouble à l’origine de la soif excessive de votre matou en est souvent à un stade déjà avancé lorsque vous remarquez cette anomalie.

De fait, il est essentiel de toujours surveiller de près la prise de boisson de votre chat pour déceler toute anomalie précocement et le conduire au plus chez un vétérinaire afin de protéger sa santé.

Chat qui boit beaucoup : la polydipsie

Le terme médical pour évoquer une soif excessive chez le chat est polydipsie. Généralement, cette soif excessive s’accompagne d’une émission d’urine plus fréquente et en plus grande quantité, phénomène nommé polyurie. La polyurie est, par ailleurs, souvent à l’origine de la polydipsie.

Il est donc commun de parler de Polyuro-Polydispie (PUPD) quand un chat boit anormalement beaucoup, et non uniquement de polydipsie.

Bien que cela puisse être difficile à entendre, il est important de noter que la PUPD est presque toujours le symptôme d’un trouble sévère. Il est donc essentiel de ne pas la négliger.

Tous les chats sont différents, mais ils devraient absorber quotidiennement en moyenne entre 40 ml et 80 ml d’eau par kilo corporel.

Notons que les chats nourris à l’aide d’aliments humides (pâtées, sachets, etc.) absorbent de l’eau à travers leur nourriture et boivent donc moins, parfois presque pas, sans que cela ne soit inquiétant.

On estime qu’un chat souffre de soif excessive lorsqu’il consomme plus de 100 ml d’eau par kilo de masse corporelle par jour. (1)

Chat qui boit beaucoup : les causes principales

La soif est contrôlée par l’hypothalamus, une glande du cerveau dotée de cellules spécifiques, les osmorécepteurs, qui activent ou inhibent le besoin de boire.

Dans de rares cas, la polydipsie peut être provoquée par un dérèglement de ce mécanisme régissant la soif, ou par des troubles psychologiques. On parle alors de polydipsie primaire.

Dans la majorité des cas, la polydipsie est secondaire, et constitue le symptôme d’un trouble sous-jacent. Le plus souvent, ce trouble en question est à l’origine d’une polyurie, que le chat tente de compenser en buvant excessivement.

Chez le chat, les causes les plus fréquentes d’une soif excessive sont le diabète mellitus (diabète sucré), l’insuffisance rénale chronique (IRC) et l’hyperthyroïdie.

Le diabète sucré du chat est un trouble répandu, qui accable entre 1 et 5 félins sur 100. Le pancréas de l’animal ne remplit plus son rôle, et le sang du chat est saturé en glucose, que les reins ne parviennent pas à filtrer.

Ce mécanisme entraîne une déconcentration des urines, l’eau contenue dans ces dernières ne pouvant être réassimilée par l’organisme, car trop riche en glucose.

La polyurie qui en découle provoque une polydipsie compensatrice, un des tout premiers symptômes se manifestant lorsque la maladie se déclare.

Il faut noter que beaucoup de maîtres négligent de surveiller la prise de boisson de leur chat, et conduisent leur matou diabétique chez le vétérinaire seulement lorsqu’il maigrit anormalement, symptôme survenant généralement plus tardivement, bien après la polydipsie. (2)

L’insuffisance rénale chronique est un trouble métabolique presque aussi fréquent que le diabète, qui concerne environ 1 à 3 chats sur 100. Plus létale que ce dernier, c’est une des premières causes de mortalité chez le chat âgé, si ce n’est la première, au coude à coude avec le cancer.

Si les chats âgés sont ses premières victimes, il convient de noter que cette maladie peut frapper les animaux de tout âge. Elle consiste en une détérioration progressive et irréversible des tissus rénaux du chat, qui perdent peu à peu leur capacité à fonctionner correctement.

Les reins ne pouvant plus filtrer les urines, l’assimilation de l’eau par l’organisme du chat est compromise. Les urines sont peu concentrées et évacuées plus fréquemment (polyurie), en réaction à quoi le chat boit davantage (polydipsie).

Même si l’insuffisance rénale chronique ne peut pas être guérie, il est important de faire soigner un chat qui en souffre pour améliorer sa qualité de vie. Quand la maladie est prise en charge très tôt, l’animal peut vivre dans de bonnes conditions pendant des années.

L’hyperthyroïdie est un trouble de la glande thyroïde produisant les hormones responsables de la régulation du métabolisme des félins. C’est le trouble hormonal le plus fréquemment rencontré chez le chat de plus de 10 ans.

Elle consiste en une production anormalement élevée d’hormones T4 et T3, généralement causée par une hyperplasie de la glande thyroïde, parfois d’origine cancéreuse (1% à 2% des cas).

Le métabolisme du chat souffrant d’hyperthyroïdie est « accéléré » : le chat dépense plus d’énergie, et va donc manger davantage, boire plus que la normale, présenter une température corporelle plus élevée et est souvent décrit comme hyperactif, voire agressif.

Tous les chats ne présentent pas les mêmes symptômes selon la sévérité du trouble. De fait, il n’est pas toujours nécessaire de soigner l’hyperthyroïdie, d’autant qu’elle permet souvent de compenser une éventuelle IRC chez le chat âgé.

Le traitement privilégié est médicamenteux et doit être administré à vie, de préférence matin et soir. Il est donc contraignant pour le maître, mais demeure peu coûteux et efficace dans 90% des cas. (3)

D’autres troubles peuvent engendrer une polyurie-polydipsie chez le chat, mais ils demeurent peu répandus.

Des pathologies hormonales plus rares que l’hyperthyroïdie, comme le Syndrome de Cushing (plus commun chez le chien) ou la maladie d’Addison, peuvent aussi pousser votre chat à boire beaucoup.

Le diabète insipide (ou faux diabète) peut aussi être en cause. Dans ce cas, le chat n’a aucun trouble pancréatique, mais un défaut de production de vasopressine, hormone antidiurétique qui retient l’eau dans le corps.

Il est essentiel d’offrir de l’eau à volonté à un chat atteint de diabète insipide, sans quoi il sera rapidement sévèrement déshydraté et peut très vite décéder des suites de cette déshydratation.

Une maladie infectieuse peut provoquer des atteintes rénales (pyélonéphrite) engendrant un trouble de l’assimilation de l’eau. Une infection de l’utérus (pyomètre) se traduit également parfois par une PUPD.

L’insuffisance hépatique peut également être suspectée, tous comme un trouble de l’absorption du calcium et du potassium.

Un traumatisme crânien, une tumeur au cerveau ou des troubles psychiatriques peuvent engendrer une potomanie, manie de boire compulsivement sans réelle sensation de soif.

Enfin, certains médicaments peuvent provoquer une polydipsie chez le chat. Si votre matou suit un traitement à base de corticoïdes, diurétiques, progestérone (pilule contraceptive) ou d’antibiotiques (aminosides), il est important de consulter votre vétérinaire pour déterminer s’il convient de continuer le traitement.

Chat qui boit beaucoup : traitement et pronostic

Malheureusement, un chat qui boit beaucoup est souvent atteint d’une maladie grave, il est donc essentiel de conduire votre matou chez un vétérinaire si vous observez une polydipsie et/ou une polyurie.

Pour autant, une maladie grave n’est pas nécessairement fatale à court ou moyen terme. Le diabète sucré, la cause la plus fréquente de soif excessive chez le chat, peut notamment être bien pris en charge et offrir au chat une longévité presque normale, dans de bonnes conditions.

Il en va de même avec l’hyperthyroïdie, qui ne nécessite pas toujours de traitement et n’impacte pas systématiquement sévèrement l’état de santé général du chat.

En cas d’insuffisance rénale chronique, le pronostic du chat est plus sombre, car rien ne peut compenser une détérioration trop importante des tissus rénaux, et celle-ci demeure irréversible.

Diagnostiquée suffisamment tôt, l’insuffisance rénale chronique peut cependant être traitée pour ralentir la dégradation des reins, et ceux-ci peuvent continuer à fonctionner sans faire souffrir le chat durant des années.

De fait, ne vous alarmez pas si vous voyez votre chat boire plus qu’à l’accoutumée, et ne craignez pas de le conduire chez un vétérinaire pour vous entendre dire qu’il souffre d’une maladie incurable.

La plupart des troubles provoquant une polydipsie peuvent être contrôlés des années durant lorsqu’ils sont diagnostiqués précocement.

Questions fréquemment posées sur le chat qui boit beaucoup

Mon chat boit beaucoup, pourquoi ?

Un chat qui boit beaucoup est malheureusement souvent atteint d’une maladie sévère, généralement le diabète, l’insuffisance rénale ou l’hyperthyroïdie.

Ne baissez pas les bras pour autant : diagnostiquées suffisamment précocement, ces maladies peuvent être contrôlées – à défaut d’être guéries – et votre chat pourrait même atteindre une longévité normale, sans diminuer sa qualité de vie.

Mon chat boit beaucoup, que faire ?

Si votre chat boit beaucoup, il est indispensable de le conduire chez un vétérinaire. Les chats qui boivent excessivement sont malheureusement très souvent accablés par des maladies sévères.

Quel que soit le trouble en cause, notez que plus votre animal sera pris en charge tôt, meilleur sera son pronostic.

Mon chat boit beaucoup, a-t-il le diabète ?

Si votre chat boit soudain excessivement, il est fort possible qu’il soit atteint du diabète. Il peut aussi souffrir d’insuffisance rénale ou d’hyperthyroïdie.

Comment savoir si mon chat boit beaucoup ?

Un chat devrait absorber entre 40 et 80ml d’eau par kilo de masse corporelle et par jour. On considère qu’un chat boit excessivement lorsqu’il ingère quotidiennement plus de 100ml d’eau par kilo.

Un chat qui boit beaucoup urine également beaucoup. Vous pouvez donc constater que la litière de votre chat est plus rapidement salie.

Un chat qui boit beaucoup devrait être rapidement examiné par un vétérinaire qui procédera à des analyses variées pour identifier le problème en cause.

La prise de boisson excessive est malheureusement le plus souvent provoquée par un trouble sévère, notamment le diabète, l’insuffisance rénale et l’hyperthyroïdie.

Toutefois, il arrive également que des pathologies mineures, notamment comportementales, soient à l’origine d’une prise de boisson anormale.

Il vous reste encore quelques questions sur la polydipsie du chat ? Posez-les-nous en commentaire de cet article !

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